Light painting : technique des sparks

Aujourd’hui je vous présente une manière de réaliser des clichés de light painting assez impressionnants : la technique des sparks.

Cela faisait un moment que je voyais des clichés de ce type en me baladant sur Flickr ou Instagram sans vraiment exactement savoir comment faire… Après quelques recherches, je me suis aperçu que ce n’était ni difficile, ni cher et peu dangereux (si on prend un minimum de précautions quand même !).

Le matériel

La technique des sparks (étincelles en anglais) consiste en réalité à faire brûler de la paille de fer (ou laine d’acier) initialement prévue pour le ponçage de différents matériaux tel que le bois par exemple. Pour s’en procurer c’est très simple, il suffit d’aller dans des magasins de bricolage de type Castorama ou Leroy Merlin ou il sera facile de trouver des pelotes de ces pailles de fer pour un prix variant autour des 10€ et qui vous permettra de réaliser un assez grand nombre de photos. Ces dernières sont souvent classés par épaisseur grâce à un certain nombre de zéros, la 0 étant la plus épaisse et la 000 la plus fine. Essayez d’acheter la plus fine (000 dans mon cas), il semblerait que ce soit celle qui produise les meilleurs résultats.

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Morceau de paille de fer

Par la suite, il convient de s’équiper d’un fouet de cuisine en acier inoxydable. Le plus classique d’entre eux fera très bien l’affaire. Reliez ce dernier à une chaine en acier elle aussi grâce à un anneau ou un mousqueton par exemple. Une corde peut aussi convenir mais pour vraiment être certain d’éviter aucun risque avec la paille de fer en combustion, la chaîne en acier est recommandée.

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Fouet de cuisine (un peu noirci par l’expérience…)

La mise en place

Pour réaliser des clichés comme celui présent dans l’en-tête de l’article, il va en fait falloir remplir le fouet de paille de fer. N’en mettez pas trop, après quelques essais, vous vous rendrez rapidement compte du temps que les étincelles durent. Cependant, il est très important de penser à “aérer” la paille : il ne faut pas qu’elle soit compactée en boule dans le fouet. Plus cette dernière sera “aérée” plus il y aura d’étincelles et plus la photo sera belle (ce n’est donc pas ce que l’on cherche ?).

Attention ! Avant d’enflammer quoique ce soit, n’oubliez pas que vous allez manipuler un produit enflammé qui risque de tourner très rapidement autour de vous ! Pensez donc à vous vêtir correctement :

  • vêtements en coton (la vieille blouse de chimie fait l’affaire)
  • laisser un minimum de peau à l’air libre
  • protégez-vous aussi les yeux, le visage, la tête en général ainsi que les mains

Le choix du lieu est aussi extrêmement important pour éviter tout risque d’incendie. Pensez donc à éviter les lieux boisés, les terrains d’herbes (surtout sèche), les habitations (même si ça semble logique), les véhicules enfin bref, tout ce qui est possiblement capable de s’enflammer et d’occasionner des dégâts dramatiques… Préférez les plages de sable, la neige, les grands terrains goudronnés ou remplis de cailloux, les carrières ou les usines abandonnées entièrement en béton ou en pierre sont aussi un lieux idéal ! Pour ma part un grand terrain de basket entièrement en goudron est un pont en pierre ont fait l’affaire.

Une dernière chose aussi : ne réalisez pas ce genre d’activité lorsque le vent souffle trop fort ! Ça partait logique pour éviter les risques de propagations à des endroits non désirés mais il est toujours bon de le rappeler.

Maintenant que vous êtes correctement habillés et que vous êtes sur les lieux, il est temps d’allumer tout ça. 🙂

La réalisation

Il va falloir enflammer la paille présente dans votre fouet par le biais d’un briquet ou du frottement d’une pile 9V. Alors oui, de base il s’agit d’un produit extrêmement inflammable qu’il ne faut donc pas laisser proche de toute flamme lorsque vous ne l’utilisez pas. Une fois allumée dans le fouet, le but va être de faire tourner le fouet au bout de la chaîne le plus rapidement possible autour de vous afin d’apporter un maximum d’air dans votre paille et que celle-ci s’enflamme convenablement. Vous verrez alors un grand nombre d’étincelles jaillir dans tous les sens. Maintenant que vous avez fait un premier essai et visualisé la distance à laquelle celles-ci vont, sortez l’appareil photo afin de saisir ce moment ! 🙂

Réglages de l’appareil

Le but ici, tout comme les photos de light painting plus traditionnelles va être de prendre une photo avec un temps de pose relativement long. Il vous faut donc un APN capable de gérer le temps d’ouverture. 30 secondes sont au moins nécessaires en temps normal mais l’utilisation du mode BULB ou de la pose B est plus judicieuse pour capturer juste le bon moment ! Évidemment l’ensemble devra être fixe, ce qui oblige donc l’utilisation d’un trépied ainsi que d’un déclencheur externe (voir l’article de présentation du déclencheur intervallomètre JJC TM-C) pour éviter d’éventuelles photos floues.

Passez votre APN en mode M (Manuel), réglez l’ISO au plus faible possible (100 dans la plupart des cas) et une ouverture du diaphragme autour de F5.0 mais ce n’est pas une valeur universelle, c’est à vous de tester selon la luminosité ambiante, le paysage, votre décor en général (je viens de voir que j’avais réglé les mienne à f3.5 !). L’utilisation, si possible, d’un objectif grand angle est conseillée pour capturer toutes les étincelles car certaines d’entres elles peuvent monter très haut. Un pare-soleil (oui oui, même de nuit) n’est pas du luxe pour protéger votre lentille si une étincelle venait à arriver dessus. Il faudrait mieux racheter un bout de plastique à 20€ qu’un objectif 10 fois plus cher, non ?

Positionnez l’ensemble assez loin et faites la mise au point en éclairant le sujet à l’endroit où il se situera dans la photo afin d’obtenir une photo la plus nette possible. Une fois cette dernière faite, vous pouvez passez votre auto-focus en manuel (MF) et ne plus y toucher !

Enflammez votre paille, déclenchez la photo, et admirez le résultat ! Personnellement, j’ai directement été bluffé par les premiers clichés ! Sans aucune retouche on obtient des photos vraiment originales et de bonne qualité avec mon petit EOS 100D :

De l’imagination

Enfin, vous allez vite vous rendre compte que tous ces clichés vont vite se ressembler, il va donc vite falloir trouver de nouvelles idées, de nouveaux lieux ou pourquoi pas agrémenter votre photos de light painting réalisées avec des lampes torches classiques pour écrire du texte ou dessiner des formes par dessus. Une simple recherche sur Flickr ou Google Images permet de visualiser des exemples réalisés par des photographes un peu partout dans le monde, dans des lieux toujours plus différents et insolites !

A vous de jouer 🙂

 

 

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